MaPrimeRénov' Copropriété : conditions, montants et démarches

En bref
- MaPrimeRénov' Copropriété est une aide collective versée au syndicat des copropriétaires pour des travaux de rénovation énergétique des parties communes et des équipements communs.
- Les travaux doivent permettre un gain énergétique d'au moins 35 % (15 % pour certaines petites copropriétés, à titre expérimental).
- L'aide finance 30 % des travaux pour un gain d'au moins 35 %, et 45 % pour un gain d'au moins 50 %, dans la limite de 25 000 € de travaux par logement, avec des bonus pour les sorties de passoire et les copropriétés fragiles.
- Une assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) est obligatoire et financée à 50 % ; des primes individuelles de 1 500 € ou 3 000 € s'ajoutent pour les copropriétaires modestes.
La rénovation énergétique des immeubles collectifs est l'un des grands chantiers des prochaines années : interdiction progressive de louer les passoires thermiques, plan pluriannuel de travaux obligatoire, DPE collectif. MaPrimeRénov' Copropriété est la principale aide publique pour financer ces travaux. Elle est distribuée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Voici ses conditions et montants selon les informations publiques à jour en 2026, et la démarche pour en bénéficier.
À vérifier avant de voter : les barèmes des aides à la rénovation évoluent fréquemment, souvent au 1er janvier. Les montants ci-dessous reprennent les informations publiées par le ministère de l'Économie à l'été 2026. Faites confirmer l'éligibilité et les montants par votre AMO ou par un conseiller France Rénov' avant le vote des travaux.
Quelles copropriétés sont éligibles ?
Pour bénéficier de MaPrimeRénov' Copropriété, la copropriété doit remplir les conditions suivantes :
- être immatriculée au registre national des copropriétés et à jour de ses déclarations ;
- compter au moins 65 % de lots d'habitation en résidence principale pour les copropriétés de 20 lots ou moins, et au moins 75 % pour les autres ;
- avoir été construite depuis au moins 15 ans à la date de la décision de l'Anah ;
- faire réaliser les travaux par des entreprises titulaires du label RGE (reconnu garant de l'environnement) ;
- disposer d'un audit ou d'une évaluation énergétique permettant de mesurer le gain avant et après travaux.
Il n'y a aucune condition de ressources pour l'aide collective : tous les copropriétaires en bénéficient, quels que soient leurs revenus.
À lire : Immatriculation de la copropriété : registre national, délais et sanctions
Quels travaux sont financés ?
L'aide finance un projet de rénovation globale, et non des gestes isolés. Les travaux portent sur les parties communes et les équipements communs, et peuvent inclure des travaux d'intérêt collectif réalisés sur les parties privatives (remplacement des fenêtres de tous les logements dans le cadre du projet, par exemple). Exemples de travaux :
- isolation thermique des façades par l'extérieur, des toitures, des planchers bas ;
- remplacement des menuiseries ;
- remplacement ou amélioration du système de chauffage collectif, raccordement à un réseau de chaleur ;
- installation ou rénovation d'une ventilation performante ;
- production d'eau chaude sanitaire collective performante.
Le projet doit permettre un gain énergétique d'au moins 35 %. À titre expérimental et jusqu'au 31 décembre 2029, les petites copropriétés (20 lots d'habitation maximum, dont 65 % de résidences principales) peuvent bénéficier de l'aide avec un gain de 15 %, sous conditions, notamment si elles sont accompagnées par une collectivité dans le cadre d'un dispositif d'amélioration de l'habitat et si les travaux sont prescrits par un audit ou un diagnostic technique global.
Combien rapporte l'aide ?
Le socle de l'aide
| Gain énergétique après travaux | Taux de financement | Plafond de travaux |
|---|---|---|
| Au moins 35 % | 30 % du montant HT des travaux | 25 000 € par logement |
| Au moins 50 % | 45 % du montant HT des travaux | 25 000 € par logement |
Exemple : pour une copropriété de 30 logements qui engage 600 000 € de travaux (20 000 € par logement) avec un gain de 50 %, l'aide de base atteint 45 % de 600 000 €, soit 270 000 €.
Les bonifications
- Sortie de passoire énergétique : +10 points si l'immeuble est classé F ou G avant travaux et atteint au moins la classe D après.
- Copropriété fragile ou en difficulté : +20 points, notamment lorsque les impayés de charges atteignent au moins 8 % du budget voté ou que l'immeuble est situé dans un quartier en renouvellement urbain. Cette bonification suppose que les certificats d'économies d'énergie soient valorisés exclusivement par l'Anah.
Les primes individuelles
Les copropriétaires occupants ou bailleurs dont les revenus sont modestes ou très modestes reçoivent en plus une prime individuelle, versée au syndicat et déduite de leur quote-part de travaux :
- 3 000 € pour les ménages aux ressources très modestes ;
- 1 500 € pour les ménages aux ressources modestes.
Les plafonds de revenus dépendent de la composition du foyer et de la localisation (Île-de-France ou non), et sont révisés chaque année.
L'accompagnement obligatoire : l'AMO
La copropriété doit être accompagnée par une assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO), un opérateur qui l'aide à définir le projet, à monter le dossier, à informer les copropriétaires et à mobiliser les financements. L'Anah finance 50 % de cette prestation, dans la limite de 600 € HT par logement pour les copropriétés de plus de 20 logements et de 1 000 € HT par logement pour celles de 20 logements ou moins, avec un plancher de 3 000 € par copropriété.
Pour les travaux d'un montant supérieur à 100 000 €, une maîtrise d'œuvre complète (architecte ou bureau d'études qui conçoit et suit le chantier) est également exigée.
Les étapes du projet
- Faire un état des lieux : diagnostic technique global, DPE collectif ou audit énergétique. Ces documents servent aussi au plan pluriannuel de travaux.
- Choisir une AMO, sur vote de l'assemblée générale, et éventuellement solliciter la collectivité locale qui peut proposer un accompagnement.
- Élaborer le programme de travaux avec un maître d'œuvre et consulter des entreprises RGE.
- Voter les travaux en assemblée générale. Les travaux d'économie d'énergie relèvent de la majorité de l'article 24.
- Déposer la demande avant le début des travaux : le syndic dépose le dossier auprès de l'Anah, en ligne, avec les devis et l'évaluation énergétique. Les travaux ne doivent pas commencer avant le dépôt.
- Recevoir la décision de l'Anah, qui notifie le montant de l'aide.
- Réaliser les travaux, puis transmettre les factures pour obtenir le versement. Une avance peut être demandée dans certains cas.
- Répartir l'aide entre les copropriétaires selon la même clé de répartition que les travaux.
À lire : DPE collectif et audit énergétique en copropriété : obligations et calendrier
Cumul avec d'autres financements
MaPrimeRénov' Copropriété se cumule avec :
- les certificats d'économies d'énergie (CEE), sauf lorsque la bonification « copropriété fragile » implique leur valorisation exclusive par l'Anah ;
- les aides des collectivités locales (régions, départements, métropoles) ;
- l'éco-prêt à taux zéro copropriétés, qui permet de financer le reste à charge sans intérêts ;
- un emprunt collectif souscrit par le syndicat, auquel chaque copropriétaire peut choisir d'adhérer.
Le fonds de travaux de la copropriété peut aussi être mobilisé pour financer une partie du reste à charge.
À lire : Fonds de travaux en copropriété : montant minimum, usage et vente
Les pièges à éviter
- Commencer les travaux avant le dépôt du dossier : l'aide serait perdue.
- Négliger l'immatriculation : une copropriété mal immatriculée ou dont les données ne sont pas à jour n'est pas éligible.
- Sous-estimer le temps du projet : entre le diagnostic et la fin des travaux, comptez souvent deux à trois ans. Le calendrier des assemblées générales impose son rythme.
- Oublier les copropriétaires modestes : identifiez-les tôt, de manière confidentielle via l'AMO, pour mobiliser les primes individuelles et éviter les impayés.
- Se fier à un démarcheur : l'Anah ne démarche jamais. Méfiez-vous des sociétés qui promettent des travaux « financés à 100 % ».
Convaincre l'assemblée générale : les arguments qui comptent
Le principal obstacle à la rénovation énergétique d'une copropriété n'est pas technique, mais humain : il faut réunir une majorité de copropriétaires aux situations très différentes. Les occupants âgés, les bailleurs, les jeunes acquéreurs endettés n'ont pas les mêmes priorités. Voici les arguments et méthodes qui fonctionnent.
Raisonner en coût net et en mensualité
Un devis global de plusieurs centaines de milliers d'euros effraie. Le même projet présenté en reste à charge par logement, après déduction de MaPrimeRénov' Copropriété, des primes individuelles, des certificats d'économies d'énergie et des aides locales, puis traduit en mensualité d'emprunt collectif ou d'éco-prêt à taux zéro, devient beaucoup plus concret. L'AMO peut produire une simulation individuelle pour chaque copropriétaire, ce qui permet à chacun de connaître sa situation réelle.
Mettre en avant les économies et le confort
Une rénovation globale réduit la facture de chauffage, améliore le confort d'hiver comme d'été, supprime les parois froides et les problèmes de condensation. Pour les copropriétaires bailleurs, elle permet surtout de continuer à louer : les logements les plus énergivores sont progressivement interdits à la location selon leur classe de DPE. Sortir l'immeuble de la catégorie des passoires protège donc directement leur revenu locatif.
Montrer l'effet sur la valeur des biens
Les études des notaires constatent régulièrement une décote des logements classés F ou G par rapport aux logements mieux classés. Une rénovation globale contribue à préserver, voire à améliorer, la valeur patrimoniale des lots. C'est un argument fort auprès des copropriétaires qui envisagent de vendre.
Avancer par étapes
Rares sont les assemblées qui votent un projet de rénovation globale du premier coup. La démarche gagne à être progressive : un premier vote pour l'audit ou le DTG, un deuxième pour l'AMO et la maîtrise d'œuvre, puis le vote des travaux. Entre chaque étape, des réunions d'information animées par l'AMO permettent de répondre aux questions et de désamorcer les inquiétudes. Le conseil syndical joue un rôle décisif de relais auprès des copropriétaires.
Anticiper les difficultés de financement
Identifier tôt les copropriétaires qui auront du mal à payer, de manière confidentielle par l'intermédiaire de l'AMO, permet de mobiliser les primes individuelles, les aides des collectivités et, le cas échéant, l'emprunt collectif. C'est aussi la meilleure protection contre les impayés, qui pourraient fragiliser le syndicat pendant le chantier.
Combien de temps dure un projet ?
Entre le premier audit et la fin du chantier, un projet de rénovation globale prend souvent deux à trois ans. La phase d'étude et de concertation, rythmée par les assemblées générales, est la plus longue. Le dépôt du dossier auprès de l'Anah intervient après le vote des travaux, et les travaux eux-mêmes durent généralement plusieurs mois. Ce calendrier explique l'intérêt de démarrer tôt, en particulier pour les immeubles classés F ou G dont les logements loués seront progressivement interdits à la location.
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Lancer une mise en concurrenceQuestions fréquentes
Qui demande MaPrimeRénov' Copropriété ?
Le syndic, au nom du syndicat des copropriétaires, après le vote des travaux en assemblée générale et avant leur démarrage.
Faut-il des conditions de revenus pour en bénéficier ?
Non pour l'aide collective, versée au syndicat. Les primes individuelles de 1 500 € et 3 000 € sont en revanche réservées aux ménages modestes et très modestes.
Quel gain énergétique faut-il atteindre ?
Au moins 35 % pour bénéficier d'un taux de 30 %, et au moins 50 % pour un taux de 45 %. Les petites copropriétés peuvent, à titre expérimental, bénéficier de l'aide avec un gain de 15 % sous conditions.
Les copropriétaires bailleurs bénéficient-ils de l'aide ?
Oui. L'aide collective profite à tous les copropriétaires, occupants comme bailleurs, au prorata de leur quote-part des travaux.
MaPrimeRénov' Copropriété a-t-elle été suspendue ?
La suspension annoncée en juin 2025 visait les parcours individuels. Le volet Copropriété est resté ouvert. Vérifiez néanmoins les conditions en vigueur au moment de votre projet.
Sources
- Economie.gouv.fr : MaPrimeRénov' Copropriété, tout savoir sur l'aide à la rénovation des parties communes
- France Rénov' : le service public de la rénovation de l'habitat
- Anah : Agence nationale de l'habitat
- Selectra : MaPrimeRénov' et copropriétés


